On me dit souvent que je suis généreuse d’avoir raconté mon histoire, dans mon livre Aurores cérébrales. On me remercie de ma franchise et des émotions que j'ose montrer. Bien sûr, il faut un peu de cœur pour raconter sa vie. Il faut accepter d'être perçu.e tel.le qu'on est, avec ses forces mais aussi avec ses fragilités. C’est se rendre vulnérable.
Mais…
Avec le temps, j’ai compris une chose importante : si mon partage est un acte de générosité, sa lecture l’est tout autant.
Chaque personne qui prend le temps de lire mon histoire me fait un cadeau inestimable. Elle pourrait être ailleurs, dans une vie remplie d'obligations, de distractions et d'urgence. Elle pourrait pratiquer une activité qu’elle aime, répondre à ses messages ou accomplir une tâche supplémentaire de sa longue liste “to do”. Pourtant, elle me donne ce qu’elle a de plus précieux : son temps.
Et le temps est une ressource que l’on ne rattrape jamais.
Quand on s'arrête pour parcourir mon histoire, on ne me donne pas seulement quelques moments de sa vie. On m’offre son attention et son ouverture. Le lecteur, la lectrice, accepte d’entrer dans mon univers, de poser un regard sur mes joies, mes peines et mes questionnements. C'est un geste de générosité immense que l'on oublie parfois de reconnaître.
Ainsi, le partage d'un vécu est une rencontre entre deux élans du cœur. Il y a celui qui ose raconter, et il y a celui qui accepte d’accueillir cette histoire. L’un donne ses mots. L'autre offre son être, sa présence. C’est dans cet échange invisible que naît quelque chose de profondément humain.
Alors, quand on me loue de générosité pour avoir partagé mon histoire, c'est surtout de la reconnaissance que je ressens, de mon côté. De la reconnaissance pour ceux qui ont pris du temps pour me lire. Sans eux, mes mots ne seraient que des lettres collées les unes aux autres. Ce sont leurs yeux qui leur donnent la vie et leur sensibilité qui leur donne du sens.
La vraie générosité n’est pas l’apanage d’une seule personne. Elle voyage de cœur à cœur. Et chaque fois qu'un récit est partagé avec sincérité et accueilli avec bienveillance, il nous rappelle que, au-delà de nos différences, nous sommes tous reliés par le besoin d'être entendus, compris et accueillis. C’est peut-être là, au fond, la plus belle des générosités.
Prenez soin de vous. Vous le méritez.
Julie


S’il n’y a personne dans la forêt et qu’un arbre tombe, est-ce qu’il fait du bruit ?
J’aime cette réflexion généreuse.
Tu pars bien ma journée!